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Tabac et BPCO (Témoignage)

   Tabac et BPCO

 

 

Quel rapport pour le simple quidam comme vous ? Comme moi ?

Tout ! Et même plus.

Âgée de cinquante huit ans, je reviens de loin .

j'ai commencé à fumer à 21 ans, et j'ai fumé beaucoup jusqu'à 50 ans .

J'aimais ça et j'aime encore .

Au cours de ces années, fumer m'a permis de réfléchir, de me détendre au boulot, de lier conversation avec un nouveau patient, (j'étais infirmière en psychiatrie) ; de me déstresser en somme .

Certes vers trente ans, j'avais comme vous la toux du fumeur, je faisais quelques bronchites par ci par là. Rien de bien inquiétant à priori puisque j'avais ce qu'on appelle communément une bonne santé.

A l'age de 50 ans, je me sentais fatiguée et essoufflée au moindre effort. Dur dur de monter un escalier à vive allure !

Ah ! les années ! Pensai-je !.

En avril, une nuit, la crise est venue. Comme cela, sans crier gare. J'étouffais, angoissée, comme lors d'une crise d'asthme de ma jeunesse mais multipliée par cent.

Aux urgences, ils m'ont soulagée avec corticoïdes, aérosols et oxygène. .

Le pneumologue était sceptique. « Ce n'est pas de l'asthme, c'est une crise d'insuffisance respiratoire aiguë que vous avez eue, et c'est très grave ».

Je ne l'ai pas cru et malgré son conseil pour une hospitalisation en pneumologie pour affiner son diagnostic, j'ai préféré signer un contre avis médical le surlendemain et reprendre mes occupations.

Le cours de ma vie a repris, les antibiotiques m'ont remise sur pied .

En octobre, retour aux urgences pour les mêmes symptômes. J'ai bien cru mourir cette fois encore. J'ai accepté le séjour dans le service approprié. Sous oxygène nuit et jour cette fois là .


Je faisais une BPCO avancée avec début d'emphysème. La cause ? Le tabac. Le mot était lancé.

Les dégâts étaient là, je devais être sous oxygène la nuit, onze heures d'affilée.

Contrainte depuis huit ans à un traitement quotidien, à une hygiène de vie irréprochable, à une activité sportive régulière, à de la kinésithérapie respiratoire, à des séjours annuels d'un mois en centre de rééducation, la vie a malgré tout une saveur particulière que je sais apprécier par bouffée jour après jour.

C'est au cours de mon premier passage en rééducation que j'ai pris la décision d'arrêter une fois pour toute ce poison que j'aimais tant.

 

Trois ans d'arrêt, et j'étais fière de moi mais je rêvais encore souvent que je fumais.

J'ai repris mon addiction après une immobilisation pour une fracture de l'épaule et d'une côte. Depuis, j'ai arrêté puis repris, toutes les excuses étant bonnes à prendre.

Voilà cinq semaines sans tabac et j'espère que cela sera définitif.

Comment je vis ? Je suis vivante, je m'accroche car j'ai vu la mort de près et malgré des hauts et des bas, je vis presque normalement.

Je n'ai plus besoin d'oxygène actuellement et finalement la vie est belle .        

                                                                                                                       Elène